DE PROJET MODESTE À INTÉRÊT INTERNATIONAL : RENCONTRE AVEC CHRIS BAKER ET IPSNP

Un article de la série "Sous l'oeil du microscope" admin le 18 novembre 2014

Chris Baker, professeur à l’Université du Nouveau-Brunswick, est un ambassadeur du domaine des bioinformatiques canadiennes. M. Baker et son équipe ont mis au point un outil qui a attiré l’attention internationale sur eux à titre d’innovateurs en bioinformatique. Cette année, il est en congé sabbatique de ses responsabilités d’enseignement et il passe son temps à voyager à travers le monde afin de participer à des programmes d’accélérateur et à effectuer des présentations lors de conférences de l’industrie.

La bioinformatique est l’élaboration de méthodes et d’outils pour comprendre les données biologiques. Il s’agit de l’intersection des sciences informatiques, des statistiques, des mathématiques, du génie et de la biologie. La bioinformatique est devenue une part importante de plusieurs domaines de la biologie, particulièrement dans ceux qui exigent le traitement et l’analyse de grandes quantités de données comme le modelage et le séquençage de l’ADN.

M. Baker est cofondateur et directeur général de l’IPSNP (prononcé ip-snip), une entreprise de bioinformatique qui a élaboré HYDRA, un moteur de recherche novateur possédant de vastes applications. Ce qui a commencé comme étant un projet à source ouverte en collaboration avec quelques collègues est devenu une entreprise en démarrage à revenus positifs ayant le potentiel de prendre de l’expansion au niveau mondial.

Pour le moment, ceux qui produisent de vastes quantités de données font face à une question complexe : comment stocker, intégrer et réutiliser ces données de façon conviviale? La plupart des projets d’intégration de données sont mis en œuvre par de grandes équipes de programmeurs et d’administrateurs de bases de données et les données sont désuètes quelques mois plus tard. « Il s’agit simplement d’une approche inefficace à la gestion des connaissances, et il y a des façons plus intelligentes et efficientes de le faire », explique M. Baker.

Le produit HYDRA d’IPSNP possède un avantage compétitif, car il effectue des fédérations de données ad hoc basées sur des interrogations. Il rassemble des données de plusieurs bases de données distribuées et peut effectuer des algorithmes de manipulation de données, afin de livrer la réponse la plus à jour à des questions spécifiques. M. Baker et son équipe ont identifié les marchés de la santé et des pharmaceutiques comme premières cibles de la technologie HYDRA. Pour les soins de santé, ils intègrent les données pour tenir compte des épisodes d’infections nosocomiales, alors que pour les pharmaceutiques l’outil peut servir à identifier les patients qui satisfont les critères d’essais cliniques. M. Baker explique : « la technologie possède aussi des applications pour plusieurs autres marchés, y compris les finances. »

Présentement, M. Baker se trouve à Boston, où il participe à l’accélérateur technologique canadien. Le programme vise à aider son entreprise à progresser plus rapidement. Cette expérience a permis à M. Baker d’apprendre de mentors expérimentés et a amélioré la visibilité d’IPSNP à Boston, qui est une plaque tournante pour plusieurs grands de l’industrie pharmaceutique. M. Baker concentre ses efforts pour trouver de nouvelles pistes, les valider et les transformer en clients. En établissant sa crédibilité grâce à des contrats limités, IPSNP compte grandir davantage.

En février, M. Baker déménagera à Londres pour participer à un autre programme d’accélérateur, qui lui ouvrira les portes des marchés européens cette fois.

En plus de ces expériences d’accélérateurs, M. Baker a été invité à participer à une série de conférences. En novembre, il effectuera une présentation devant un groupe du MIT au sujet d’HYDRA et de son approche novatrice à la fédération des données. En décembre, M. Baker se rendra à Berlin afin de présenter son produit à un groupe de professionnel de la santé et de l’industrie pharmaceutique. Grâce au Service des délégués commerciaux du Canada, M. Baker rencontrera jusqu’à 10 compagnies pharmaceutiques lorsqu’il sera à Berlin. « Les délégués commerciaux du gouvernement canadien qui se trouvent dans les ambassades et consulats à l’étranger offrent un excellent service aux entrepreneurs canadiens », dit M. Baker, qui apprécie l’accès qu’ils lui ont donné à des clients potentiels.

M. Baker est reconnaissant de la chance qu’il a de participer à ces accélérateurs. « La chance d’entrer en contact avec des gens qui veulent connaître notre histoire est un moteur de transformation. » Un IPSNP mieux branché et davantage préparé à entrer sur le marché reviendra alors au Nouveau-Brunswick l’an prochain.

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