LE SECRET EST DANS LE SOL

Un article de la série "Sous l'oeil du microscope" admin le 12 décembre 2014

« Les consommateurs sont capricieux », déclare la Dre Claudia Goyer, bactériologiste au Centre de recherches sur la pomme de terre de l’AAC, qui attire l’attention sur la pomme de terre qui se trouve sur son bureau. Elle est couverte de la gale commune, une maladie qui forme des plaques laides et qui rend la pomme de terre touchée impropre à la vente. « Si vous voyez un champ infecté, tout semble correct, dit la Dre Goyer. Ce n’est qu’au moment de la récolte que vous vous rendez soudainement compte qu’une grande partie de celle-ci ne peut être vendue. » La maladie affecte le revenu des cultivateurs un peu partout, et la Dre Goyer et ses collègues cherchent des solutions.

La gale commune est une maladie qui se trouve dans sol et qui est très résistante lorsque s’est établie dans un champ. Il n’existe actuellement aucune solution chimique pour la contrôler. « Nous en avons encore beaucoup à apprendre au sujet de cette maladie, dit la Dre Goyer. Nous ne comprenons pas très bien quand et pourquoi elle se répand dans certains champs et pas dans d’autres. » La Dre Goyer dit que la clé se trouve dans le sol, et elle s’attache particulièrement aux communautés bactériennes présentes dans la terre.

Avec son équipe, elle travaille avec des partenaires industriels de la région de l’Atlantique pour comparer les conditions du sol dans les champs infectés et les champs sains. Les expériences de son équipe sont conçues pour découvrir les facteurs qui permettent aux pathogènes de s’établir dans un champ, mais pas dans un autre. L’objectif est d’apprendre quel type de bactérie réprime la présence de la gale commune, et de trouver des façons d’aider les cultivateurs à modifier la communauté bactérienne du champ pour engendrer une culture saine. La Dre Goyer et son équipe font aussi partie d’un projet d’exploration des biopesticides qui peuvent servir à combattre la gale commune.

La Dre Goyer utilise son expertise en microbiologie pour entrer en partenariat avec ses collègues du Centre de recherches sur la pomme de terre. Elle collabore avec le Dr Bernie Zebarth, chercheur de l’AAC, à un projet visant à améliorer le rendement des pommes de terre. Elle explore et examine les communautés bactériennes qui encouragent la croissance, protègent des pathogènes et effectuent d’autres changements. La Dre Goyer travaille aussi avec le Dr David De Koeyer et la Dre Helen Tai, tous deux généticiens de la pomme de terre. Elle utilise les outils qu’ils élaborent pour comprendre l’effet des pathogènes sur l’expression génétique.

Même si la Dre Goyer utilise son expertise pour plusieurs questions et projets agricoles, la phytopathologie reste son premier amour. « L’interaction entre les microorganismes et les plantes me fascine, dit la Dre Goyer. Il s’agit d’une guerre, où chaque organisme est en évolution constante pour s’infecter ou pour résister à l’envahisseur. »

La Dre Goyer veut que le milieu sache que le Centre de recherches sur la pomme de terre est ouvert aux collaborations. « Si l’industrie fait face à une problématique, nous avons l’expertise permettant de trouver des solutions. » La Dre Goyer se concentre sur la maladie, et elle cherche à en apprendre davantage sur les champs de notre région pour les aider à guérir.

Lisez à propos d’autres scientifiques du Centre de recherches sur la pomme de terre Dr David De Koeyer et Dre Helen Tai.

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