RÉVÉLER LE POTENTIEL DE LA POMME DE TERRE

Un article de la série "Sous l'oeil du microscope" admin le 12 décembre 2014

La Dre Helen Tai pointe un endroit situé de l’autre côté du terrain gazonné situé devant chez Agriculture et Agroalimentaire Canada à Fredericton. « C’était la côte où j’allais glisser, juste là », se souvient-elle en pensant aux moments où son père, le Dr George Tai, a commencé à travailler à titre de chercheur en génétique de la pomme de terre chez AAC alors qu’elle n’avait que cinq ans. Aujourd’hui, la Dre Tai crée elle-même des vagues dans le monde de la pomme de terre comme chercheure en génomique de la pomme de terre chez AAC. Elle travaille avec des partenaires du Centre de recherches sur la pomme de terre et de partout au monde pour élaborer des solutions qui permettront à l’industrie de réagir plus rapidement aux changements du marché et aux défis environnementaux.

La Dre Tai tente de révéler les secrets de la pomme de terre afin d’éviter les conjectures dans la gestion des cultures. Avec son équipe, elle effectue des prédictions et élabore des outils de surveillance pour améliorer la gestion des cultures. Son équipe se penche sur le génome de la pomme de terre pour comprendre l’expérience de la plante, et espère se servir de cette information pour aider les cultivateurs à optimiser l’épandage d’engrais et les conditions d’entreposage. « En utilisant les réponses naturelles des plantes face au stress grâce au changement de leur expression génétique, dit la Dre Tai, nous espérons capturer ces gènes spécifiques qui pourront nous indiquer quand et où ajouter de l’engrais, et quand changer la gestion de l’entreposage. »

La Dre Tai travaille aussi avec les généticiens des pommes de terre pour élaborer des outils qui accéléreront grandement le processus de reproduction, leur permettant ainsi de mieux répondre aux besoins de l’industrie. Actuellement, la reproduction de plantes se fait en choisissant des plantes possédant des traits désirables grâce à des inspections visuelles et à des tests pour les maladies, en les plantant et en les replantant; un processus qui prend de 10 à 15 ans. La Dre Tai et son équipe espèrent élaborer des tests de séquençage de l’ADN qui permettraient d’identifier immédiatement les antécédents génétiques qui produiront de bonnes pommes de terre. « Si nous pouvons avoir un test basé sur l’ADN, nous pourrons alors tester plusieurs traits en collectant simplement l’ADN. »

Pour ce qui est de l’avenir de la pomme de terre, la Dre Tai anticipe que les changements climatiques engendreront des défis uniques qui forceront l’industrie à être proactive. Elle croit aussi que la fécule de pomme de terre aura des applications industrielles pour des produits comme les bioplastiques et les biomatériaux. Elle espère que les outils qui sont en cours d’élaboration par ses équipes de recherche aideront l’industrie à demeurer au premier plan.

La Dre Tai et ses collègues du Centre de recherches sur la pomme de terre cherchent toujours de nouvelles collaborations et de nouveaux projets. « Nous voulons augmenter notre participation au sein du milieu de la recherche, dit-elle. Nous voulons dire aux parties prenantes où nous nous situons dans notre recherche, et où nous pourrions trouver des éléments utiles. »

Lisez à propos d’autres scientifiques du Centre de recherches sur la pomme de terre Dr David De Koeyer et le Dre Claudia Goyer.

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